Le strabisme peut avoir plusieurs origines pouvant perturber le développement de la vision binoculaire et l’alignement des yeux :
- troubles visuels comme l’hypermétropie ou la myopie
- pathologies oculaires comme la cataracte congénitale ou certaines atteintes rétiniennes
- anomalies orbitaires
- paralysies des nerfs responsables des mouvements oculaires
- anomalies des muscles oculomoteurs
Certains facteurs peuvent également favoriser l’apparition d’un strabisme :
- antécédents familiaux
- prématurité
- petit poids de naissance
- pathologies neurologiques
Le strabisme correspond à une perte de parallélisme des yeux. Un œil peut être dévié :
- vers le nez dans le cadre d’un strabisme convergent
- vers l’extérieur dans le cadre d’un strabisme divergent
- vers le haut ou vers le bas
La déviation peut être permanente ou intermittente.
Chez l’enfant, la vision double est généralement absente. Chez l’adulte, une diplopie peut apparaître lors d’un strabisme récent.
Le strabisme peut également entraîner une position anormale de la tête afin de compenser le désalignement des yeux, appelée torticolis oculaire.
En cas d’apparition brutale d’un strabisme ou d’une vision double, une consultation ophtalmologique urgente est nécessaire.
Chez l’enfant, un strabisme non traité peut entraîner une baisse de vision appelée amblyopie lorsque l’œil dévié est toujours le même.
L’amblyopie est la première cause de baisse de vision chez l’enfant. Une prise en charge précoce permet généralement une récupération visuelle avant l’âge de 6 ans. En l’absence de traitement, la baisse de vision peut devenir irréversible.
Le strabisme peut également avoir un impact esthétique et psychologique avec des conséquences sur l’image de soi, la vie sociale ou la scolarité.
Un examen ophtalmologique est recommandé :
- entre 12 et 15 mois en cas d’antécédents familiaux de strabisme, de prématurité ou de pathologie neurologique
- vers l’âge de 3 ans en l’absence de facteur de risque ou de symptôme
Un dépistage précoce permet d’identifier rapidement un strabisme et une éventuelle amblyopie associée.
Un examen ophtalmologique complet est nécessaire.
Un bilan orthoptique complet est tout d’abord nécessaire. Réalisé par l’orthoptiste, il consiste à confirmer ou pas le strabisme, à le caractériser et à mesurer son importance. Une mesure de l’acuité visuelle est effectuée afin de dépister une amblyopie associée (baisse de vision).
Un examen sous cycloplégique est nécessaire : il consiste à instiller un protocole de gouttes d’ATROPINE réalisé par les parents 5 jours avant la consultation si l’enfant à moins de 1 an, ou de SKIACOL, à instiller 45 minutes avant la consultation, si l’enfant a plus d’un an.
Cet examen permet de dépister les troubles réfractifs (hypermétropie, astigmatisme, myopie) afin de pouvoir déterminer le besoin en lunettes. Les gouttes peuvent provoquer transitoirement une gêne à la luminosité et une vision floue pendant 24h.
Ensuite, l’ophtalmologue réalise un fond d’œil au biomicroscope afin de rechercher une anomalie oculaire pouvant expliquer le strabisme.
